Frenchedelia - A Journey Through The Psychedelic French Underground



En France comme ailleurs, malheureusement, la place publique est bien souvent le théâtre sordide d'une promotion désespérante de productions culturelles indigentes motivée uniquement par une logique mercantile abjecte. Tout comme le fard épais d'une vieille mère maquerelle ne parvient pas à dissimuler son état de décrépitude, l'orgie médiatique qui accompagne systématiquement ces productions est un leurre qui ne trompe que ceux qui n'ont jamais eu la curiosité d'explorer ce qui existait en dehors de cette culture de masse obscène et étouffante.
Car en France comme ailleurs, heureusement, il existe encore des artistes authentiques et un public érudit qui sait apprécier leur travail. Et si ils n'occupent pas le devant de la scène, c'est que l'indispensable sincérité qui caractérise leur art est inconciliable avec la compromission qu'exige la réussite commerciale, et non pas que leur travail est indigne de l'admiration sans borne que seuls ceux qui ont sacrifié leurs âmes sur l'autel du succès semblent parfois connaître. C'est donc dans un relatif anonymat qu'on pourrait croire qu'ils cultivent que s'épanouissent aujourd'hui les artistes intègres.
Au cœur de cette forêt de talents où les groupes inspirés poussent comme des champignons nous tenons à mettre en garde les mycophiles en herbe qui pourraient s'y aventurer car certains sont psychédéliques. Si ces derniers sont sans aucun doute les plus exquis, il convient tout de même de préparer au mieux son organisme à la symphonie organoleptique qu'ils provoquent et qui pourrait déboussoler le consommateur coutumier de champignons de paris en conserves. Ainsi et pour que le festin se déroule pour le mieux on a répertorié pour vous tous les groupes psychédéliques que vous pourrez trouver en France et qui saurons voluptueusement exciter vos récepteurs dopaminergiques.
Mais là où Télérama ou les Inrocks auraient réservés un encart minable entre une pub pour du Get 27 et un jeu concours pour gagner une place pour le concert de Placebo au stade de France, afin de délivrer un article de 5 lignes sur "les 3 groupes psychédéliques à ne pas rater !" aussi pertinent qu'un tweet de Véronique Genest, nous nous sommes mis en quatre pour réunir ici la quintessence du psychédélisme français. Aucune concession n'a été faite. Nous avons fait l'effort de l'exhaustivité, aussi si un groupe n'apparaît pas dans cet article c'est soit qu'il ne correspondait pas véritablement à notre définition du psychédélisme (vous trouverez une liste à la fin de l'article qui recense un certain nombre de groupes français que l'on recommande mais qui n'étaient pas totalement en phase avec le sujet selon nous) ou qu'il nous est toujours inconnu malgré notre intense labeur.
Autant prévenir que l'article qui suit est d'une rare longueur, avec un total de 61 groupes présentés, on ne saurait que trop vous conseillez de le mettre en favoris pour venir à souhait piocher parmi la longue liste d'artistes proposés et vous faire votre propre opinion sur chacun d'eux.
Enfin, et pour compléter le tableau, nous avons l'immense plaisir de vous annoncer que cet article sera accompagné dans les jours qui viennent de la sortie de deux compilations rassemblant la fine fleur du psychédélisme français et qui seront évidemment disponibles en téléchargement gratuit.

In France, as elsewhere unfortunately, the public space is often the sordid theatre of an hopless promotion of pathetic cultural productions motivated by abject and mercantile logic. As thick  the makeup of an old prostitute fails to conceal her state of decrepitude, the mediatic orgy that always accompanies those productions is an illusion that only deceives those who have never had the curiosity to explore what exist outside of this obscene and stifling mass culture.
However in France as elsewhere, fortunately, there are still genuine artists and a public who knows how to appreciate their work. And if they do not occupy the front of the stage, it is because the essential sincerity that characterizes their art is irreconcilable with the compromise that commercial success required, and not because their work is not worthy of the admiration that only those who have sacrificed their souls on the altar of success seem to know.
At the heart of this underground forest of talents, where inspired bands grow as mushroom, we want to warn budding mycophiles that could venture there: some are psychedelics. If these are undoubtedly the most exquisite, it is absoulutely necessary to prepare his body to the sensory symphony they're causing which is likely to confuse the consumer used to cultivated mushrooms. So to avoid any trouble and make of your journey through the french underground we've listed for you all the psychedelic bands in France and that know how to voluptuously excite your dopamine receptors.
But where the NME would have reserved a seedy insert between an ad for Carlsberg and a contest to win two tickets for U2's next show, to issue an article of 5 lines on " the 3 psychedelic bands not to miss !" as relevant as a tweet of Paris Hilton, we gathered in one article the quintessence of French psychedelia. No concession has been made. We tried to be exhaustive, so if a band doesn't appear in this section is whether he did not fully correspond to our definition of psychedelia (you can find a list at the end of the article which identifies a number of French band that are recommended but were not completely in tune with the subject according to us) or we still don't know it despite our intense work.
We do warn you that the following article has a rare length, with a total of 61 bands presented, so a smart thing to do would be to put it to your bookmarks and come along whenever desired and pick up one or few bands among the long list of artists available to make your own opinion on each of them.
Finally, to complete the picture, we have the great pleasure to announce that this article will be followed in the coming days with the release of two compilations bringing together the cream of French psychedelia and will obviously be available for free download.

We do apologize for those who cannot understand our marvelous words in french but the present article has not been translated in english both because we thought it was already long enough and because you don't need to understand what we wrote to listen to and enjoy the following bands.


 

The Blondi's Salvation (Nantes)
(bandcamp / facebook / website)


Grands chantres d'un psychédélisme sans compromission, les Blondi's Salvation déploient un univers chargé de mysticisme qu'ils cultivent au sein de leur association la French Reverb Church. Ces saltimbanques, multi-instrumentistes et monomaniaques obsessionnels du son, délivrent des morceaux hétéroclites qui prennent racines dans les multiples influences du groupe et la diversité des instruments joués, allant des classiques "guitare-basse-batterie" à des extrêmes plus exotiques comme le sitar, le violon et autres pédales d'effets artisanales bricolées par leur camarade d'Acouphonic Amps. L'expérience quasiment enthéogène qui résulte de l'écoute de leur musique est une merveille que seule une audience initiée saurait apprécier à sa juste valeur. Leur premier album Songs Of The New World Orderainsi que leur EP To Our Future sont en téléchargement gratuit sur leur bandcamp tandis que leur second opus, Crusades, devrait sortir dans les prochains jours. Ne pas dédier quelques minutes de votre misérable existence à l'écoute de ces joyaux serait pécher.


Wall Of Death (Paris)


Mis sur le devant de la scène par Alex Maas qui leur a permis d'enregistrer leur premier album Main Obsession dans son studio à Austin, le trio parisien a bénéficié de l'expertise de Brett Orrison, ingénieur son des Black Angels et qui a également masterisé le dernier album des Underground Youth et la compilation Reverb Conspiracy dans laquelle on retrouve d'ailleurs leur excellent morceau "Thundersky". Cette tripotée de grands noms de la scène psychédélique qui gravite autour du groupe est un indice qui ne trompe pas. Les Wall Of Death jouent dans la cours des grands en déployant un son dense et électrisant qui n'a rien à envier à celui des ses pères.


Sudden Death of Stars (Rennes)


A l'instar des canadiens d'Elephant Stone, les rennais des Sudden Death of Stars offrent une élégante pop psychédélique sublimée par un jeu virtuose de sitar. Sorti initialement sur l'excellent label parisien Close Up Records, leur incroyable premier album Getting Up, Going Down a conquis la perfide Albion grâce au label Ample Play Records. Et on comprend aisément pourquoi quand on écoute ce disque truffé de pépites à l'efficacité immédiate à l'image du sublime morceau d'ouverture "Supernovae".


The Rockandys (Grenoble)



Formés en 2007 à Grenoble, les Rockandys se sont fait connaître en tournant aux côtés des Brian Jonestown Massacre, des Black Angels ou encore des Warlocks. Tout comme les Blue Angel Lounge, avec qui ils partagent d'ailleurs de nombreux points communs, tant au niveau de leur histoire que de leur son, la formation grenobloise a pu jouir du soutient d'Anton Newcombe pour la production de leur premier album au titre à rallonge: The Breaking Dawn Will Crown The One Who Let The Morning Glint To Come. Un échange de bon procédé puisqu'ils avaient participé à l'écriture de 4 morceaux surAufheben, le dernier album des BJM, dont deux en français. De cette fructueuse collaboration naît une musique aux accents tribaux d'où émane une beauté glaciale enchanteresse. A noter que le groupe nous réjouit parfois avec quelques paroles en français à l'image des morceaux "India" et "Jeux de Bouches"sortis tout récemment.


Dead Horse One (Valence)


Il y a un peu moins de deux ans de cela, nous dispensions maladroitement nos premiers billets sur les groupes qui nous faisaient vibrer. Parmi eux figuraient notamment les Dead Horse One, auteurs d'un excellent premier EP qui n'était pas sans nous rappeler l'exquise musique de Ride. Aujourd'hui le groupe qui a récemment participé au Liverpool Psych Fest prépare son premier album Without Love We Perish produit justement par le génial Mark Gardener. Autant dire qu'on attend beaucoup de ce disque dont la sortie est prévue début 2014


The Limiñanas (Perpignan)
(bandcamp)


Véritable OVNI au milieu de cette scène truculente, les Limiñanas connaissent vraisemblablement un plus grand succès outre-manche que dans notre cher pays, notamment grâce à leur collaboration avec l'excellent label américain Trouble In Mind Records. Pourtant ils font partis des très rares à faire honneur à la langue de Molière grâce à des textes travaillés dans la droite lignée de feu Serge Gainbourg, où les mots s'entrechoquent élégamment sur des ballades chaloupées enveloppées d'un écrin psychédélique séduisant. Le morceau au texte équivoque éminemment érotique"Longanisse", qui figure sur leur albumCrystal Anis, en est à ce titre une illustration parfaite et un de nos grands coups de cœur.


The Jabberwocky Band (Paris / Rouen)


Si le premier EP de The Jabberwocky BandSiamese Delirium, figurait en bonne place dans nos coups de cœur de 2012, c'est que la musique du groupe, qui partage avec celle des Blondi's Salvation une incoercible attraction mystique, n'a pas son pareil pour se glisser dans l'inextricable chaos de notre psyché et en sublimer la substance. Après une tournée dans l'hexagone en octobre dernier, où ils ont partagé la scène avec d'autres groupes français qu'on adore tels les Sound Sweet Sound ou The Great Artiste, le groupe s'en est retourné dans sa tanière cuisiner le deuxième service qu'on attend avec impatience...


Whatever Hippie Bitch (Lille)
(myspace / facebook)


A l'instar des Limiñanas, c'est en français que les Whatever Hippie Bitch déclament leurs textes messianiques sur un mur de son hypnotique plongeant inexorablement dans une torpeur familière tout amateur de psychotropes. Si le groupe est plutôt avare en nouvelles productions ces derniers temps, il a réussi avec son premier album Lotus Bleu sorti en 2011, à nous livrer la bande-son idéale accompagnant ces longues heures d'abandon à des activités que l'opinion publique désavoue et qui nous séparent de l'hypothétique moment de la sortie de nouveaux morceaux.


Sound Sweet Sound (Toulouse)
On ne présente plus les Sound Sweet Sound qui ont déjà fait l'objet de plusieurs articles sur ce blog, dont un tout récent à l'occasion de la sortie de leur dernier single Up To You. Et si vous l'ignoriez vous le saurez désormais, figurer sur ce blog est un gage de qualité irrécusable. Ceux qui n'auront pas fait l'économie d'un syllogisme enfantin en seront irrémédiablement arrivé à cette conclusion péremptoire: la musique des Sound Sweet Sound n'est que volupté. Et pour les amateurs de David Lynch ou de cinéma de manière générale on ne saurait que vous conseiller de jeter un œil attentif à leur tout dernier clip.


The Feeling Of Love (Metz / Strasbourg)


On le confesse honteusement, on connait très peu The Feeling Of Love. Pourtant leur discographie déjà bien garnie s'avère être forte engageante au vu des excellents labels qui ont publiés ces dernières années leurs nombreuses productions, que ce soit nos compatriotes de Born Bad Records et de La Face Cachée ou encore les américains de Captcha Records. On a tout de même pris le temps d'écouter leur dernier album Reward Your Grace, où le groupe délivre un rock garage à la Black Lips, qu'un clavier vient transcender et faire basculer dans un psychédélisme réjouissant. Pour le reste on vous laissera explorer les différentes productions du groupe comme nous aurions aimé le faire et comme nous le ferons certainement dans un avenir plus ou moins proche.


The Wise Dude's Revolver (Nancy / Metz)

Dire que The Wise Dude's Revolver est une bonne découverte serait un doux euphémisme tant leur premier EP, The Wise Dude's EP, sorti en septembre dernier et qui nous a permis de les découvrir est une franche réussite. Leur musique, qui navigue à vue sur l'océan qu'un déluge nommé Brian Jonestown Massacre remplit un jour, possède tout les atouts pour séduire les mélomanes amateurs des influences qu'elle invoque, Anton Newcombe en tête. On attend désormais beaucoup de ce groupe qui semble capable de voguer jusque dans les zones inexplorées de nos âmes vulnérables.


Venera 4 (Paris)

A coups de guitares lancinantes et de chants éthérés, les parisiens de Venera 4 peignent dans notre lobe occipital, en plein milieu de notre cortex visuel, de sublimes fresques oscillant singulièrement entre fauvisme et caravagisme. Leur vibrante peinture qui n'est pas sans rappeler le shoegaze sensuel de Curve est délicieusement transcendé par un goût pour des nuances plus pop et modernes à la manière des Horrors. L'écoute de leur premier opus Deaf Hearts EP, sorti en octobre dernier, réussira l'exploit de vous en mettre plein les yeux.


Yeti Lane (Paris)


Auteurs de déjà deux albums admirables, Yeti Lane et The Echo Show, sortis sur l'excellent label Sonic CathedralYeti Lane propose une pop psychédélique élégante subtilement patinée d'expérimentations électroniques. Preuve à notre sens quasiment irréfutable de leur talent, la groupe a exporté cette année son son riche et délicat outre-manche lors du désormais inévitable Liverpool Psych Fest. Les amateurs de musiques aériennes et raffinées trouveront sans aucun doute leur bonheur chez cette formation parisienne.


Orval Carlos Sibelius (Paris)


Œuvre d'un seul homme qu'on imagine aisément reclus dans son home studio à expérimenter des sons sous l'effet de la caféine, si ce n'est celui d'un alcaloïde plus puissant encore, la musique d'Orval Carlos Sibelius,  alias Axel Monneau, est à l'image du doux bordel qui doit inévitablement habiter son crâne: pleines d'idées plus ou moins abouties. Son premier album, Super Forma, chancelant à l'instar de la musique des Pink Floyd entre psychédélisme et rock progressif, contient quelques pépites tel que le morceau "Good Remake" qui clôt le disque de la meilleure des manières.


Dalaï Lama Rama Fa Fa Fa (Paris)
(myspace / tumblr / soundcloud / facebook)


Sortie en janvier 2012, le premier single des Dalaï Lama Rama Fa Fa FaYou Make Me Crazy, avait su séduire nos oreilles exigeantes et susciter chez nous une profonde envie d'en entendre davantage. Rongeant notre frein depuis, on a tout de même eu le droit en fin d'année dernière à 13 minutes de trip extatique et introspectif avec l'incroyable morceau "Hopeless",qui n'a finalement  fait qu'accentuer notre désir d'en entendre toujours plus. Mais c'est la mort dans l'âme qu'on a appris récemment que le groupe avait pris un congé sans solde. Si rien n'est définitif, un retour sur le devant de la scène n'est pas au programme on pourra toujours se consoler avec le nouveau projet d'un des membres du groupe Miaøw Miaøw, The Tiger.


White Glow (Rouen)



Bien qu'on retrouve dans la musique des White Glow l'énergie des débuts des Spacemen 3, il s'en dégage une douce atmosphère mystique loin de la célébration des drogues récréatives de Peter Kember et Jason Pierce. Le son des rouennais doit aussi beaucoup au shoegaze lourd et captivant de Ride ou Swervedriver, qui vous saisi et vous enivre comme un Porto bien capiteux. On ne saurait que vous recommander d'écouter leurs 3 EP qui sont disponibles en téléchargement gratuit sur leur bandcamp.


Future (Paris)
(website / bandcamp / facebook)


Les percussions martèlent un rythme glacial et syncopé. Un chaos de guitares acérés vient ajouter un peu de psychose à notre transe épileptique. Seul l'écho lointain d'un chant éthéré nous permet d'échapper à la pâmoison. Sans en dire plus on pourrait aisément confondre la musique extatique de Future à celle d'Oliver Ackerman (Skywave, A Place To Bury Strangers) que le groupe présente d'ailleurs comme une de ses plus grandes influences. Et pourtant c'est bien de Paris que nous vient ce son incroyable, véritable invitation à la convulsion à l'image de leur EP Abyss sorti en avril dernier et qui se révélera comme le compagnon idéal de votre prochain delirium tremens ou remplacera avantageusement votre dose quotidienne de méthadone. On trépigne comme Manuel Valls devant un spectacle de Dieudonné dans l'attente de la sortie de leur nouvel EP qui précédera celle de leur premier album courant 2014.


The Great Artiste (Nancy)

Ce serait un bien vilain trait d'esprit que de dire que la musique de The Great Artiste nous fait l'effet d'une bombe, nous vous épargnerons donc la boutade qui, sans mauvais jeu de mots, risquerait de faire rire jaune nos amis japonnais. Leur son fulminant est pourtant un mélange explosif entre le rock noisy des Jesus And Mary Chain  et le shoegaze lancinant des My Bloody Valentine période Loveless. Leur excellent EP At The Bridge of Dawn sorti en mars dernier et disponible en téléchargement gratuit sur leur bandcamp saura ravir tous les amateurs du genre.


Little Brain Attack (Paris)
(bandcamp / soundcloud / facebook)


Si l'on aurait pu croiser les Little Brain Attack lors de leur participation au Glasgow Psych Fest, fût-il été hypothétiquement programmé quelques semaines plus tôt, c'est finalement en septembre à Angers que nous avons eu l'occasion de tailler le bout de gras avec ces fringants gaillards. Chez Little Brain Attack on débite des riffs couverts de suif arrosant le tout d'un bon gallon d'éther, une chimie qui, disons le, peut induire perturbations synaptiques et troubles du comportement. Si la parenté avec les Black Rebel Motorcycle Club est assumée, la fascination pour les émanations psychédéliques des Spacemen 3et des Brian Jonestown Massacre apporte à cette mixtion sa dose hallucinatoire nécessaire. Mis à part d'occasionnels concerts sur la capitale, l'unique moyen de découvrir leur musique est de télécharger les deux titres gratuits qu'ils proposent sur leur bandcamp. On attend la suite.


The Psychocandies (Lille)
(bandcamp / soundcloud / facebook)


Dans le sillage qu'Oliver Ackermann a tracé à coup de guitares lancinantes, de larsens et de rythmiques extatiques, nombreux sont les groupes qui ont vu le jour avec la détermination de produire ce mur de son implacable dissimulant des compositions à fleur de peau qui caractérise le leader de A Place To Bury StrangersThe Psychocandies ait parti de ceux-là. Leur dernier morceau "Nothing Lasts Forever" sortie en mai dernier lorgne pourtant beaucoup plus vers la musique des Brian Jonestown Massacre de la deuxième moitié des années 90 et nous rappelle, pour notre plus grand plaisir, ce que font aujourd'hui les excellents Underground Youth.


Melody Syndrome (Paris)
(soundcloud / myspace / facebook)


Jonglant de manière déconcertante entre les styles on avoue piétiner quand il s'agit de vous décrire le son des Melody Syndrome que nous ne connaissons malheureusement que très peu. Leur musique apparaît comme une voluptueuse chimère issue de la rencontre entre un shoegaze aérien et des sonorités plus électroniques et expérimentales à l'image de ce que fait le leader du groupe Charles Louis-Aristide Chagnoux avec 1982, son projet solo.


The Squared Circle (Grenoble)
(bandcamp / facebook)


Originaire de Grenoble, bastion des Rockandys, les Squared Circle  avancent habilement dans le sillage exemplaire de cet excellent groupe avec qui ils partagent quelques scènes et surtout un membre, et pas des moindre puisqu'il s'agit de Thibault, tête pensante de la formation qui avait notamment participé à la conception d'Aufheben des Brian Jonestown Massacre. On retrouve également chez eux ce même goût prononcé pour les rythmiques tribales parées de sonorités exotiques invoquant une atmosphère sacrée débarrassée du lourd fardeau du dogme. Sorti en février dernier, leur premier EP Smoking Heart s'apprécie la tête dans un nuage d'encens et bercé par l'écho sourd d'un cœur fougueux qui s'accorde une trêve.


Maria False (Rennes)
(bandcamp / facebook)


Si les Amish n'ont pas leur pareil pour bâtir d’impressionnants mur de pierre et moudre une délicieuse farine de son, les gaillards de Maria False eux, qui semblent n'accorder aucun intérêt aux pierres et à la farine, produisent en revanche des murs de son comme Kevin Shields nous en gratifiait par le passé avant qu'il ne devienne un attachant et inoffensif quinquagénaire s'autoparodiant pour arrondir ses fins de mois. Ayant publié deux EP et un album en moins d'un an, on garde un œil attentif sur ce groupe qui sait écrire de vrais merveilles délicatement chaotiques.


Dead (Rennes)
(website / bandcamp / facebook)


Le musique de Dead s'offre à l'auditeur comme un exutoire de ses angoisses de mort. Leur son violent, où des guitares saturées s'épanchent outrancièrement sur une rythmique froide comme un corps sans vie, apparaît comme le miroir d'une existence en apparence absurde et d'où le sens profond ne s'entrevoit qu'à travers le chaos de la comédie humaine. L'écoute traumatisante de leur EP Transmissions s'avère être salvateur pour ceux qui sauront y survivre.


Verbal Kint's Gone (Rennes)
(soundcloud / facebook)


Derrière leur mur de son, les rennais de Verbal Kint's Gone, tout comme le personnage de Usual Suspects campé par l'excellent Kevin Spacey, cachent bien leur jeu. Car derrière ce pêle-mêle de guitares lancinantes se trouve des composions outrageusement pop qui savent vous cueillir sournoisement comme certains anciens ministres de la culture ou de l'éducation savaient faire avec les pupilles de la nation. A ce titre "Doomsday Killer" est une merveille absolue qu'aucun groupe de la grande époque du shoegaze ne renierait.


The Black Waves (Lille)
website / bandacamp / soundcloud / facebook)


Si les vagues noires gorgées de mazout, dont le conseil d'administration de British Petroleum nous gratifie par leur logique capitaliste détestable, viennent s'échouer mollement sur nos côtes, celles des Black Waves, au contraire, viennent s'écraser avec panache sur nos tympans qui redécouvrent ce délicieux vacarme cher aux Warlocks et aux Black Angels. Leur premier album, intitulé "Thousand Of Visions" tient pleinement sa promesse et nous offre une déambulation dans les obscurs méandres de notre esprit. On vous conseille également de prêter une oreille attentive aux différents projets solo des membres du groupe à savoir The Incredible Medicine Band et Electric Throne.


White Night Ghosts (Rennes)
(bandcamp / soundcloud / facebook)


L'obsédante liturgie spectrale des White Night Ghosts est une abîme sans fin, une orgie onirique dans laquelle angoisses et désirs s'étreignent comme deux amants dans la moiteur d'une nuit blanche. A l'écoute de cette musique dévoyé on voit s'évanouir tout ce que notre encéphale comptait de rationnel et logique, fondant comme une bougie qui se consume aux côtés du mourant auprès de qui on veille. Leur premier EP ironiquement intitulé Joy est un trésor de compositions terriblement efficaces aux nuances subtiles où le shoegaze se mêle à la musique électronique pour mettre au monde une progéniture étrangement irrésistible.


Seventeen At This Time (Paris)
(bandcamp / soundcloud / facebook)


L'idée que consacrait le proverbe d'Alain de Lille « Mille routes conduisent depuis des siècles à Rome les hommes qui désirent rechercher le Seigneur de tout leur cœur. » prend tout son sens avec la "pop dévotionnelle" de Seventeen At This Time. Car si le groupe trouve son inspiration davantage du côté du post-punk et de la new-wave que du shoegaze ou du rock psychédélique des années 60 qui nous sont si chers, c'est pourtant la même zone de notre cerveau que leur musique parvient délicatement à exciter et la même libération de dopamine qu'elle entraîne. Finalement, seule importe la qualité et, dans le cas présent, il n'est permis qu'à un sourd de douter qu'elle soit au rendez-vous à l'écoute de leur premier album sorti sur l'excellent label Cranes Records.


The Dead Mantra (Le Mans / Paris / Rennes)
(soundcloud / facebook)


En plus de vérifier, si cela était nécessaire, la popularité des Dead Skeletons jusque dans l'hexagone, les Dead Mantra qui empruntent donc leur nom au morceau désormais culte du groupe Islandais sont la preuve qu'il existe encore des musiciens aux bacchantes généreuses et aux valseuses charnues capables de jouer un rock décomplexé pied au planché sans rien perdre en impact spirituel. Auteur déjà d'un excellent EP et d'un split single avec les Dead Horse One, on attend encore beaucoup de cette formation mancelle qui figurait parmi les premières à être chroniquées sur ce blog.


Mars Red Sky (Bordeaux)
(website / bandcamp / facebook)


Si les stoner sont rarement à l'honneur sur les pages de ce blog ils représentent malgré tout une large frange du psychédélisme hérité des années 70 et de la fin des années 60. Découvert pour notre part lors de l'excellent festival Levitation à Angers, Mars Red Sky fait sans aucun doute parti des meilleurs représentants de ce genre en France. Si nous confessons écouter ce style que très rarement on ne saurait pourtant que recommander cette formation bordelaise à tous les amateurs du genre.


The Henry Chinaski's Ashtray (Lille)
(bandcamp / facebook)



Si par hasard ou par mégarde, vous tombez un jour dans une chambre où, au bout milieu d'un dédale de câble, d'instruments exotiques et de cendriers qui dégueulent, des drosophiles au séant visiblement profané jonchent le sol c'est que vous êtes probablement dans l'antre de The Henry Chinaski's Ashtray. Projet d'un seul homme, mélomane diptérophile, qui peaufine des pépites psychédéliques et expérimente des sonorités habité par un feu inextinguible, celui d'un amour sans borne pour la musique.


Francois Sky (Berlin)
(bandcamp) (soundcloud) (facebook


Dans la famille de ceux qui composent et produisent leur art en solo dans leur home-studio bricolé avec amour et plusieurs mois de salaire, on ne présente plus le français exilé à Berlin François de Benedetti et son aguichante collection de guitares et de pédales d'effet. Si le fruit de son travail se présente quelque peu de manière chaotique, ayant sorti sa musique sous divers autres pseudonymes: Orange 86Data UnitF-Sky et publiant majoritairement single par single, on relèvera le côté anti-conformiste, libre et spontané du style. Un style qui navigue d'une ambient introspective, on pense à l'EP Zero One (Data Unit) bâti de vagues acoustiques aux vertus indubitablement thérapeutiques, à des pérégrinations psychédéliques plus groovy comme "Itilyna" en featuring avec The Mushroom Club ou"Sister (X)-Ray", version revisitée et plus cosmique de "Sister Ray" du Velvet Underground et sur laquelle sa compagne Nicole prête sa voix. Pour découvrir plus en avant ce fidèle artisan de la scène psychédélique, une interview plutôt exhaustive sur ce qu'il façonne, ce qui le passionne et le fascine est récemment parue sur Levitation Magazine.


Moloko Velocet (Roubaix/Lille)
(facebook)


"Il y avait eux, c'est à dire Moloko Velocet, quatre droogies, c'est à dire Marie, Adrien, Pierre, Jérémy et Nicolas. Ils étaient installés au Korova Milk Bar à se creuser le rassoudok pour savoir où passer la soirée. Au Korova on sert du Lait plus, lait plus Velocet ou Synthemesc ou Drencrom. Eux, ils en étaient au Drencrom, ça vous affûte l'esprit et ça vous met en train pour une bonne petite fête d'ultra psychédélisme."
Aussi paradoxalement délicat et euphorisant que doit l'être le cocktail qui donne son nom au groupe roubaisien, la musique de Moloko Velocet porte les couleurs familières de la musique du non moins paradoxal Anton Newcombe. A boire sans soif.


Brain Pyramid (Rennes)
(bandcamp / facebook)


A l'instar de Mars Red Sky, les rennais de Brain Pyramid font parti des rares représentants français d'un rock stoner hirsute hérité du début des années 70 qui parvient à nous séduire. Leur premier opus Magic Carpet Ride contient une poignée de morceaux de bravoure qui ne pourront qu'enthousiasmer les amateurs de solo comme feu Jerry Garcia savait en faire.


The Same Old Band (Lorient)
(bandcamp / facebook)


Si le chant qui flirte avec la nonchalance et le mur de guitares hypnotiques évoquent le meilleur de la période de transition entre shoegaze et britpop, et notamment The Verve, il est évident que les influences qui nourrissent la musique du trio lorientais sont bien plus hétéroclites. Quelles qu'elles soient en tout cas on ne peut qu'admirer le résultat qui vous transporte irrésistiblement dans une voluptueuse léthargie. Leur premier single DMG est à mettre dans toutes les oreilles.


Twins (Lyon)


Les vulgaires pantins que vous êtes, qui s'agitent en vain au bout d'un fil, hanté par l'oubli qui vous guette, trouverez dans la musique de Twins la bande son idéale de vos turpitudes et de vos fuites mécaniques et honteuses devant l'angoisse qui fascine chacune de vos névroses. Vous ne trouverez aucun apaisement, seulement une rythmique froide et implacable, des guitares comme des poignards dans vos glandes surrénales et des voix spectrales  pour vous agiter comme des mimes en attendant l'inévitable.


Strange Hands (Bordeaux)
(bandcamp / facebook)


D'un côté comme de l'autres de l'atlantique, le rock garage décomplexé et teinté d'un psychédélisme post-flower power fait depuis une dizaine d'année de nombreux émules. Ainsi on a pu voir fleurir une tripotée de nouvelles formations dans le sillon des Black Lips et autres Thee Oh Sees. Dans la pépinière française les bordelais de Strange Hands comptent indubitablement parmi les plus belles boutures. Leur rock qui rappelle les très bons Jacuzzi Boys lorgne également du côté de Supergrass notamment grâce aux nappes jouissives de clavier qui ont le don de vous mettre le sourire, comme quand vous êtes bien imbibé pendant une après-midi d'été.


Eagles Gift (ex-Origin of Black Eagles) (Angers)


Les Eagles Gift prennent un sacré envol, brièvement croisés lors de l'excellent festival Levitation France, la formation angevine s'est invité à l'Oslo Psych Fest en décembre dernier. L'occasion pour le groupe de dévoiler son premier album éponyme qui, lorgnant de façon assumée du côté des Black Angels, déploie son lot de riffs efficaces enveloppé d'une énergie mystique nous transportant au milieu de canyons, poussière, chevaux sauvages et autres villes fantômes, enivré par la fumée âcre d'un calumet orné de plumes. L'atmosphère est maîtrisée, le prêche sonore est sémillant. Eagles Gift devrait faire parler un peu plus d'eux prochainement, les veinards sont d'ailleurs programmés à l'Austin Psych Fest en mai prochain... Un groupe de plus à surveiller de prêt!


The Black Spiral (Nancy)
(facebook)


Si il nous a été donné à entendre qu'une seule chanson de The Black Spiral au jour d'aujourd'hui il ne nous en faut pas plus pour savoir qu'on a mis le doigt sur une perle rare. Accompagné d'un clip superbement produit, ce morceau à l'efficacité immédiate, Regular Trip, est une petite pépite qu'on se repasse en boucle en attendant la sortie prochaine de leur premier album.


Blue Mountain Expansion (Le Mans)
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Dans le sanctuaire chimérique où des messes sauvages célèbrent la musique psychédélique à renfort de refrain frondeur faisant affront à des guitares frénétique, les Blue Mountain Expansion ne sont pas les derniers à porter la soutane. En témoigne leur dernier single en date Memento Mori qui voit le groupe manceau prêcher sa musique hypnotico-euphorisante à la manière de The Jabberwocky Band, c'est à dire avec une authenticité qui sait parfaitement trouver le chemin de nos âmes.


Spacegazer (Paris)
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"Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt". Voilà un proverbe que les scribouillards carencés en iode du NME qui baptisèrent un jour le shoegaze devraient méditer. Conceptuellement plus en adéquation avec l'état d'esprit des shoegazers, doux rêveurs tiraillés par leur fascination du bruit et leur amour des mélodies, le terme de Spacegazersied admirablement au duo parisien qui a choisi ce sobriquet. Les murs de sons qui habillent leur musique ne sont finalement qu'une évocation de l'aéronef à bord duquel ils nous font embarqué grâce à leurs compositions délicatement éthérées. A écouter pour un décollage sans heurt dans notre monde intérieur.


Lonely Walk (Bordeaux)


Glaciale et ténébreuse, la musique des bordelais de Lonely Walk est une invitation à l'errance dans les méandres de nos névroses. Les guitares affûtées s'insinuent dans notre esprit avec la tendresse d'une fraise dentaire dans une molaire cariée tandis qu'une voix d'une effrayante impassibilité commente placidement cette jouissive torture. L'exercice flirte avec l'exorcisme. Il est certain que l'écoute de cette musique ne laissera personne de marbre.


Hermetic Delight (Strasbourg)


Les plaisirs les plus exquis sont certainement ceux qui savent échapper à l'exercice spoliateur de la raison qui plonge inexorablement le Beau dans l'austérité d'une vérité factuelle insignifiante. Pour toucher à la grâce il faut se soustraire à son joug et aller droit à l'âme. A ce titre, il ne fait aucun doute que les strasbourgeois de Hermetic Delight ont compris comment faire. Leur musique sait garder intacte la mystérieuse alchimie qui fait de simples vibrations acoustique une source inépuisable de jouissance. On ne saurait donc que vous inviter à plonger avec délices dans leurs murs de sons éthérés.


Pulssar (Thionville)
(bandcamp / facebook)


Pourtant ni mort, ni enterré, il semblerait que les terribles frères Reid, ou du moins leurs goûts pour des boucles hypnotiques et bruitistes portées aux nues par une rythmique minimaliste, se soient réincarnés dans un trio de Thionville, aussi étonnant que cela puisse paraître. Et pourtant, à l'écoute des quelques démos que le groupe a mis à disposition sur son bandcamp en attendant la sortie de leur premier album, on retrouve avec délice ce flegme et cette simplicité qui ont fait le succès du légendaire groupe écossais.


Dead Dreams (Besançon)

Tout juste sorti de la couveuse au début de l'année, le trio bisontin Dead Dreams a déjà épinglé notre attention à la sortie de leur premier EP éponyme en janvier dernier. La musique minimaliste du groupe, joyeux amalgame de sonorités saturées à la Jesus And Mary Chain et d'une spontanéité garage qui sent bon les Nuggets, séduit de par son efficacité sincère et sans chichi. On avouera donc que l'on est plutôt impatient de suivre l'évolution de cette jeune formation, que nous avons eu notamment la surprise d'apercevoir aux côtés des Black Manila au printemps dernier à Lille. Ceux que la musique du trio intéresse pourront également accorder une écoute particulière à The Third Sky Project, projet solo de Pierre-Yves Long, guitariste et membre fondateur de Dead Dreams.


Chemical Fever (Amiens)
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Comme le fruit du labeur d'un apothicaire s'échinant fiévreusement à l'élaboration de l'orviétan dans son laboratoire dissimulé dans l'arrière-boutique, la musique de Chemical Fever est le résultat d'une incroyable alchimie, ou de simples vibrations acoustiques s'organisent en mélodies redoutablement efficaces. Le premier EP de la formation amiénoise Let Yourself Go With The Flow fait la part belle à une pop teintée de psychédélisme qui évoque notamment celle des excellents Morning After Girls et qu'on ne peut donc que vous recommander.




Waterfalls (Le Mans)

Auteur d'un premier album d'excellente facture dans la veine des premiers disques des Dandy Wharols, on n'a malheureusement plus trop de nouvelles du groupe qui n'a publié depuis qu'un morceau lorgnant davantage du côté de Supergrass et qui ne nous a pas pas vraiment convaincu. En attendant de nouveaux sons à se mettre dans les tympans on vous recommande chaudement l'écoute de What Is French For Oswald? qui sonne fichtrement bien surtout quand on sait qu'il est le fruit du travail d'un seul homme dans sa chambre.


John Doe (Boulogne-sur-Mer / Lille)
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Quelques accords lancinants de guitares, une batterie qui martèle mécaniquement un rythme froid et une voix d'outre-tombe qui égrène les mots comme un repenti de dernière minute égrène son chapelet en priant pour son salut et il n'en faut pas plus pour faire tomber l'anonymat des John Doe en constatant leur indéniable filiation à Ian Curtis. Mais là où le groupe excelle réellement c'est lorsqu'il sort de l'ombre du père et vient ajouter à sa musique la dose de psychédélique qui aurait pu lui sauver la vie. On pense notamment à l'excellent morceau "Mothercycle"transcendé par un clavier terriblement efficace à la Horrors.


J.C. Satàn (Bordeaux)
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Bien curieuse hymne satanico-christique, la musique de J.C. Satàn est, à l'image de l'artwork de leur dernier disque Faraway Land, fascinante et dérangeante. Avec leur pop délibérément crasseuse, la formation bordelaise cultive habilement toute l’ambiguïté que son cryptonyme suggère en nous plongeant avec délice dans les eaux troubles du styx pour finalement nous faire émerger dans l'empyrée, traçant ainsi une voie bien singulière entre le morbide et le céleste. A noter le goût du groupe pour les split-singles ayant déjà partagé un disque avec quelques formations qu'on affectionne ici tels que Piresian Beach ou encore Le Pécheur, groupe français exilé à Londres.


Juan Trip' (& The Bluets) (Montreuil)
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Depuis ses débuts dans les années 90, Juan Trip cultive sa légende autant qu'il peaufine sa musique. Élevé dans une communauté de hippies dès l'âge de 7 ans, il aurait trouvé sa voie suite à la révélation de "l'Esprit rouge" au cours d'hallucinations collectives lors d'un jam de 5 jours et 5 nuits dans une grange logée au sommet d'une montagne. De ce parcours abracadabrant, où la réalité se mêle au récit fantastique fignolé aux psylos, résulte un homme et sa musique, résolument moderne mais avec de savoureuses réminiscences psychédéliques, l'empreinte d'une enfance hippie qui, comme un retour d'acide, s'invite au trip électronique de ce doux dingue qui cristallise probablement de la meilleure manière toute la quintessence du psychédélisme. A noter que le gredin est aussi le batteur-chanteur des Bluets, une formation rock plus classique qui lui permet d'assouvir ses pulsions psychédéliques les plus primaires.


Aqua Nebula Oscillator
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Aqua Nebulla Oscillator pratique un rock nébuleux d'où se dégage une atmosphère occulte au charme magnétique irrésistible et aux émanations délicieusement lysergiques. Leur dernier album en date, Spiritus Mundi,  ne saurait être apprécié pleinement que par une élite initiée à cette univers mêlant habilement le mystère de rituels mystiques et la célébration hédonique d'existences assaisonnées à l'acide.


The Deserteurs (Toulouse)
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Se décrivant eux-mêmes comme la rencontre de Phil Spector et des Spacemen 3, on concède effectivement que la pop psychédélique de The Deserteurs ressemble fortement à ce que serait, on imagine, un concert des Ronettes sous acide. Il est certain en tout les cas que les amateurs des ballades cannabino-lysergiques de Sonic Boom trouveront leur compte dans la musique de la formation toulousaine et un substitut de choix aux cochonneries que ce dernier et beaucoup d'autres ont pu se foutre dans le sang. Bien évidemment, à n'écouter que dans le sens du retour veineux, dans une solution de sérum physiologique à 7%.


Stavanger (Nantes)

Davantage psychotronique que psychédélique, la musique des nantais de Stavanger s'appréhende comme une fresque épique explorant quasiment la totalité du spectre des émotions humaines. A ce titre "Imaginary Trees", morceau de bravoure de plus de 9 minutes, vogue aux travers des remous de l'âme humaine pour en découvrir la quintessence. A noter la sortie prévue pour le 19 janvier prochain de leur nouvel EP Far From Silence Close To Violence.


Strange Milk (Lyon)
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Sortis du fin fond de la Bourgogne, relocalisés sur Lyon, les Strange Milk nous servent une pop psychédélique douce et planante revisitant les 60's, de la pop des Beatles au psychédélisme de Syd Barrett, mais avec cette touche de modernité pertinente que l'on attribue aux générations passées par l'écoute du krautrock et de musiques plus électroniques. En témoigne un premier album Infrasonic Sunflowers et un récent EP The Odd One Out que l'on boit volontiers comme du petit lait. On les retrouve également sur d'autres sentiers avec entre autre une truculente reprise de "Animal on est mal" de Gérard Manset ou encore plus récemment le morceau "You & High" qui la joue dans un style bien plus BJM. Nous invitons de ce fait nos confrères dijonnais ou des environs à aller voir ce qui l'en retourne le 25 janvier à l'Abbey Road pour leur toute première date de 2014.


Volage (Paris)


Courant après une fille différente chaque jour, nu dans un champ de chanvre, l'air chargé de trichomes, le cœur battant au rythme sourd de la musique de Volage, vous célébrez dans des gesticulations impudentes vos amours du même nom. L'hédonisme béat qu'exhale chacune des notes du rock garage de la formation parisienne, qui rappelle d'ailleurs le flower punk des Black Lips, est la promesse d'égarement dans des rêveries adultérines, faites donc attention de ne pas vous faire chopper avec ça dans les oreilles...


My Lovely Underground (Metz)
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Encore relativement discret dans l'adorable underground qui les inspire, My Lovely Undeground n'en est pas moins un excellent représentant. Les rares morceaux qui nous sont accessibles à ce jour présente un groupe qui développe une musique élégante évoquant notamment My Bloody Valentine à leur début mais dans une veine moins distordue.


Mountebank (Limoges)
(bandcamp / soundcloud / tumblr / facebook)


Si malheureusement Camille et Ludovic qui formaient Mountebank ont mis un terme à leur groupe et pris des chemins différents, on ne pouvait pas ne pas évoquer ce duo qui figurait parmi les premiers à être chroniqués sur ce blog. Encore aujourd'hui on aime se replonger dans ce qui restera certainement leur seul album, At Sunset, qui sent bon la musique bricolée dans la chaleur d'une chambre en plein été et que la voix de Camille vient sublimer. Une voix qu'elle met d'ailleurs au service de son nouveau groupe Still Charon qui lorgne davantage vers un rock garage lo-fi.


Qúetzal Snåkes (Marseille)


Encore inconnus au bataillon on ne sait pratiquement rien des Qúetzal Snåkes sinon qu'ils viennent de sortir un morceau qui fera sans doute parti de leur premier EP à venir pour 2014. A noter que ces fervents adeptes de vibrations couillues, de réverbération et de messes occultes entament en janvier une tournée dans l'hexagone qui tombe à point nommé pour tous ceux qui, justement, serait curieux de poursuivre la découverte.


Pearblossom Highway (Toulouse)
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Délivrant un rock psychédélique sombre et envoûtant, les toulousains de Pearblossom Highway s'évertuent à apporter à la ville rose des nuances plus ténébreuses. La mission est brillamment remplie avec leur premier EP éponyme qui voit le groupe déployer une musique dense et captivante s'insinuant dans le crâne de l'auditeur au rythme lent d'une goutte de sueur froide perlant le long d'une nuque. La sortie de leur second EP est attendu pour mars 2014.


Jim Younger's Spirit (Aix en Provence)


Initiés au psychédélisme par celui qui en est pratiquement l'incarnation, j'ai nommé Alex Maas, et qui les avait invité à l'Austin Psych Fest après que ces derniers l'ait hébergé, Jim Younger's Spirit est le fruit de cette rencontre avec les émissaires du rock psychédélique et de la découverte du Texas. Le groupe met en musique la vie, réelle ou fantasmée, de Jim Younger, bandit qui sévit aux États-Unis avec le gang James-Younger mené par le fameux Jesse James. Leur fresque psychédélique qui rappelle dans le concept ce qu'ont  pu faire King Gizzard & The Lizard Wizard avec leur album Eyes Like the Sky s'inspire évidemment des Black Angels et consorts, mais leur musique évoque également l'élégance des ballades des Liminanas. Leur premier album devrait sortir au printemps prochain.


Salamander Jive (Bordeaux)
(bandcamp / facebook)


Sextet bordelais composé pour partie par les membres de Dätcha Mandala, trio orienté davantage heavy blues et fondateur du label associatif Bramar RecordsSalamander Jive propose un rock psychédélique éthéré et raffiné aux forts accents 60's qui s'impose par son efficacité et son immédiateté comme un dernier spliff avant d'aller se coucher. Leur premier EP Seven Pills laisse présager le meilleur pour la suite, à savoir un premier album attendu en 2014.


Jigsaw (Paris)
(website / bandcamp / soundcloud / facebook)


Capable de varier les ambiances comme un maniaco-dépressif change d'humeur, la musique des parisiens de Jigsaw invite pourtant davantage à la consommation de psychédéliques que d'antidépresseur. Il faut dire que cette capacité à alterner un enthousiasme résolument pop hérité du rock garage des années soixante avec une douce léthargie plus moderne ne se dresse jamais au détriment de la cohérence et de l'harmonie des compositions du groupe. Au final on ne peut que vous recommander l'écoute de leur deux premiers EP qui exhument et exhalent avec fougue et talent l'esprit des sixties. 



Et voici la liste d'artistes français, que notre indéfectible fainéantise ou bien des raisons d'ordre taxonomique, nous ont conduis à écarter de l'article mais qu'il serait fâcheux de ne pas citer:
Here's a list of French artists that we had to move aside from the article for taxonomic reasons or because of our unswerving laziness but that would be unfortunate not to quote:

La Femme
Bewitched Hands
Jack Of Heart
Crâne Angels
Beat Mark
AVGVST
Saintes
The Name Of The Band
Shadow Motel
Kaviar Special
Hoboken Division
Seahorse Hunter
Dusty Mush
Le Pécheur
The 1969 Club
Pain Dimension
Space Electric Club
Manolo Redondo
Les Spadassins
La Terre Tremble
Still Charon
Agua Roja
Brace! Brace!
Chinese Army
Balladur
Trash Bloom
Greyfell
Exploring Spastic Inevitable

14 commentaires:

  1. Merci Guillaume et Tristan pour ce travail de recherche hallucinant, et pour la mine d'or que vous nous livrez. Votre engagement indéfectible envers la musique indépendante et libre fait chaud au coeur, nous conforte dans notre vision des choses, et redouble notre motivation pour défendre cette scène. Vive le psyché ! A vos côtés encore et toujours, Aniela de Sound Sweet Sound.

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    1. Merci beaucoup, ça fait énormément plaisir de voir que notre travail est apprécié ;) Bonne continuation à vous !

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  2. Bravo pour ce bel article et qui comme vous le dites, représente une scène francaise énorme dont personne dans les "gros" médias ne parle... Pas mal de ces groupes sont à retrouver au Buzz de Belleville à Paris, une petite salle qui vient d'ouvrir avec une ligne artistique 100% indé.

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  3. The Psychocandies est un jeune garçon qui fait tout seul et non un groupe, concernant Moloko Velocet ils se sont séparés et il en est de même pour Whatever Hippie Bitch.
    Par contre mettre Shadow Motel de côté est une énorme erreur.

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    1. Merci pour tes précieuses précisions sur la scène lilloise. L'article devrait subir une mise à jour dans les semaines à venir. ;)

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  4. https://soundcloud.com/gabriel-jesus-2

    Les prétendants à la couronne du psychédélisme français. Sous la houlette de Juan Trip', premier album en préparation.

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  5. être des prétendants à une couronne est de l'anti-psychédélique non?
    hey les gars votre article est vraiment cool, mais il ne faut pas confondre le rock indé et le psyché. Si on fait du psyché c'est qu'on ne ressemble à personne d'autre, qu'on a créé un son. Je pense que certains groupes ici ne sont pas psyché.

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    1. Merci !
      On a bien conscience que certains groupes ici ne sont pas considérés comme psychédélique par certaines personnes. Nous prenons le terme pour sa définition sémantique, c'est à dire, "qui révèle l'âme". Si le son de la plupart des groupes ici n'est pas révolutionnaire, il est fait sincèrement et atteint son but... Il ne nous faut pas plus.
      Bref on a mis les groupes qui nous plaisent et qui devraientt plaire aux amateurs de psychédélismes ;)

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  6. Merci pour la qualité de votre travail.

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  7. et OSNI de Lille???
    ;)

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  8. J'ai l'impression qu'aujourd'hui seul Aqua Nebula Oscillator peut être considéré comme véritable chef de file du rock psychédélique en France. Ces gars sont les seuls à faire ce qu'ils font. CHAPEAU.

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  9. Réponses
    1. Ah on ne connaissait pas mais ça m'a l'air très bon ! Ils seront dans le prochain article ;)

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  10. Jeff Airson Dune : http://jeffairsondune.bandcamp.com/

    http://www.youtube.com/watch?v=ApVaROgnyCo&list=UU_Y9-aHA-jT0dWNXOxIrw7A

    Lou

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